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Crossing lines -The Kurds

En janvier 1997, un certain nombre de Kurdes essayent, au départ de Patras, d’embarquer sur un ferry en direction de Brindisi, en Italie.Les autorités portuaires les découvrent et leur effort est vain. Essayant de trouver un abri pour passer la nuit, ils trouvent refuge dans le dépôt des wagons de la gare de Patras, non loin du port. Ainsi le camp de réfugiés «Saint Denis » était né. En avril de la même année, le camp est rempli. Sa proximité au port en fait un endroit de passage idéal pour l’Italie. En janvier 1998 le camp était définitivement fermé.

Savvas Lazaridis. Crossing lines - The Kurds 1997

Patras- Grèce, 20 septembre, 1997





Salaam,




Je sais que c’est dur à croire. Il existe à la fin du XXe siècle une petite société primitive qui vit dans des wagons. Tout le monde la voit mais personne ne dit rien. Les droits de l’homme sont : sourds, aveugles et muets.

J’ai demandé à l’un d’eux quel est le sentiment qu’il éprouve de jour en jour ? Je me sens diminué de devoir vivre dans un wagon brûlant au soleil trempé sous la pluie et entouré de rats. Les gens passent et nous regardent comme des créatures dépourvues de tout sens, de toute logique et de tous droits c’est comme si nous avions commis une faute grave et étions aux arrêts.

Sans passeport il n’y a pas d’issue possible. Personne ne te respecte, c’est comme si tu n’existes pas. Nous sommes comme les enfants d’Israël lors de la fuite en Egypte. Nous vivons dans l’isolement et dans la confusion totale. Nous sommes actuellement en Grèce mais nous avons le sentiment que ni l’Etat ni les gens ne s’intéressent réellement à nous. Même les Nations Unies nous ignore, mais pour rester crédibles aux yeux de l’opinion publique, elles prétendent que non. Entre temps, nous mourons de faim.

Vers 3 ou 4 heures de l ’après- midi, certains d’entre nous descendent au port, essayant de se cacher dans des camions prêts à monter sur le navire et faire la traversée pour l’Italie. La plupart d ‘ entre eux sont découverts par les camionneurs qui les frappent et les insultent. Alors, Ils retournent aux wagons, fatigués, découragés, affamés et pessimistes pour leur futur. Ils passent la nuit comme toutes les autres nuits, pleines de cauchemars et de mauvais rêves.

Moi, personnellement, j’ai à plusieurs reprises essayé de faire la traversée mais j’ai
échoué. Je vais encore essayer cette nuit, j’espère réussir !

Avec mes meilleurs souhaits pour toi. Nagmendeen R. A.

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